Fondations
De l'Être et de l'Histoire
Description de l’éditeur
Il est commun de considérer le couple comme une institution sociale, un choix affectif ou une modalité
d’attachement. Pourtant, une lecture attentive des phénomènes relationnels humains, des plus précoces
aux plus symboliques, révèle l’existence d’une forme plus archaïque, plus discrète mais plus structurante :
celle que nous nommons ici le couple transitif générationnel.
Ce concept désigne une structure affective initiale, fondée non sur la réciprocité mais sur la projection
asymétrique d’un lien. Cette projection s’exerce, en premier lieu, non pas sur un autre humain conscient,
mais sur une entité extérieure porteuse de stabilité symbolique : animal de compagnie, peluche, divinité,
personnage fictif, intelligence artificielle… Ce “partenaire” imaginaire, bien qu’inerte ou non réactif au sens
intersubjectif, remplit une fonction centrale : celle de préparer la psyché humaine à l'expérience du lien, en
la régulant avant l’épreuve de la réciprocité.
L’enjeu de cet article est de montrer que cette forme de relation n’est ni accidentelle ni marginale, mais
qu’elle rejoue, sous une forme symbolique, un schéma bien plus ancien : celui de la reproduction sexuée.
Nous défendrons ici l’idée que la structure même de la reproduction – dualité, tension, fusion, transmission
– a été intériorisée par la psyché comme matrice formelle de toute relation signifiante. Dès lors, le couple
transitif générationnel se comprend comme un reflet psycho-dynamique de l’archétype biologique sexué,
nécessaire au développement du lien humain.