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Description de l’éditeur

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, il y a 70 ans, les troupes alliées se sont lancées à l’assaut de ce que l’histoire a appelé la Forteresse Europe. De ce choc sans équivalent dans l’Histoire, de par ses dimensions et ses conséquences, nous n’avons que l’image du GI américain valeureux,  débordé puis vainqueur. L’ennemi, l’Allemand, est devenu presque un personnage secondaire de cette tragédie martiale. Et pourtant, il est au cœur du destin de l’Europe qui s’apprête à basculer.


Extrait du livre :


La guerre finit toujours par gangrener les états d’âmes. L’omniprésence de la mort lors des conflits marque à jamais les consciences des hommes. Des dizaines d’années après que le canon se soit tut, au plus profond de ceux qui ont vécu ou subit la violence du feu, gît une indescriptible déchirure. Elle a tantôt des allures de culpabilité, tantôt de fardeau. Même le sentiment de gloire aveugle qui recouvre d’un voile arrangeant ce puits béant au cœur des acteurs du conflit finit par se déchirer tôt au tard. Il n’est pas un soldat, pas un civil, vainqueur ou perdant qui ne soit une victime volontaire ou involontaire des guerres.


Le sens commun a élaboré l’image des frères d’armes. D’abord cantonnée aux soldats portant le même uniforme, elle a été élargie à tous ceux qui portaient des armes et qui un jour connaissent le même regard vain et désabusé sur l’excès de guerre et ses absurdités. Un jour peut-être parlera-t-on de la fraternité du feu qui réunira tous ceux qui ont connu le sang qui décime, reconnaissant ainsi les porteurs de ces blessures secrètes à tous, civils comme militaires. Quels soldats n’ont jamais ouvertement regretté ou avoué leurs mal-être, leurs tortures nées du temps passé ? Ironiquement, le temps montre du doigt ceux qui n’ont jamais eu à ressentir les peurs sans fond. Parmi eux, les administrateurs de la société civile, à l’arrière, les délégués en uniforme d’un pouvoir implacable, dans les camps d’extermination ou de concentration par exemple. Il est rare que ceux-ci aient connu le mariage foudroyant de la solitude et de l’incertitude extrême. 


« Heureux comme Dieu en France » clame un dicton allemand. Au début de l’année 1944, oui, il fait bon être Allemand en France. C’est en tous cas mieux que d’être Allemand ailleurs. Sur le front de l’est par exemple. Depuis 1942, la Wehrmacht ne fait qu’y reculer. La perte symbolique de Stalingrad a rayé d’un trait plus de 400.000 hommes de l’armée. La bataille a été un tournant dans les consciences collectives allemandes (<a href="#I-1">1</a>) que les ficelles de la propagande pourtant admirablement rodée n’ont pas réussi à totalement masquer. La notion de repli élastique pour mieux contre-attaquer sonne désormais creux. La grande Allemagne destinée à régner sur l’Europe pour un millier d’années craquelle et se réduit. Le 2 janvier, l’armée rouge est à moins de 30 km de l’ancienne Pologne de 1939. Au sud, en Italie, la Wehrmacht tient fermement la ligne Gustave au sud de Rome à proximité du Mont-Cassin, mais pour combien de temps ? Depuis la capitulation de l’ancien allié fasciste et l’exécution de Mussolini, plus rien ne va. La résistance italienne redouble d’ardeur et cible les Allemands. Même l’Allemagne, si longtemps épargnée par les guerres connaît les affres des bombardements systématiques.  « Die Festung Europa hat kein Dach » clame la propagande britannique en allemand sur des tracts lâchés en Allemagne : « la Forteresse Europe n’a pas de toit ». L’effet des bombes venues du ciel contribue à largement ébrécher la confiance des Allemands en le pouvoir nazi. La propagande tente de les utiliser pour galvaniser l’esprit de revanche de ses combattants. Elle montre des images des écoles et des hôpitaux dévastés par les bombes américaines et anglaises. Elle catalyse en litanie, une soi-disant et systématique imprécision des opérations aériennes anglo-saxonnes qui semblent préférer les cibles civiles aux objectifs strictement militaires. Aux grands maux, les grands mensonges.


Dans ce contexte, la France a conservé les ors d’une douceur de vivre pour les combattants du Reich. La seule violence connue se cantonne à des bombardements pour lesquels l’armée s’est plutôt bien préparée en s’enterrant comme elle a appris à le faire en Allemagne. Il y a, aussi, la résistance qui frappe. Ces actions engendrent systématiquement des réactions d’une virulence rare. On fusille avec la bénédiction du pouvoir vichyste en place.  Des civils innocents sont raflés au hasard. Chacun apprend à prier secrètement à ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment. De plus, les Allemands savent qu’ils peuvent compter sur la Milice. Cette organisation paramilitaire 100% française lutte pied à pied contre la résistance. En ce début d’année 1944, la Milice va voir son rôle s’enhardir afin de soulager les missions de maintient de l’ordre des troupes régulières allemandes.

GENRE
Histoire
SORTIE
2014
18 mai
LANGUE
FR
Français
LONGUEUR
40
Pages
ÉDITEUR
10001 Mots
TAILLE
322.8
Ko

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