• 6,99 €

Description de l’éditeur

Enrico FERRI, Les criminels dans l'art et la littérature.


Tandis que les criminalistes de l'école classique étudiaient les diverses catégories du crime en l'attribuant à un homme moyen, les artistes et les écrivains, devançant la tâche de la science étudiaient le criminel et recueillaient des observations précieuses ordinairement faussées par des vues subjectives. Telle est l'idée générale que Ferri développe dans ce petit volume avec l'abondance et la clarté si appréciées des lecteurs de ses oeuvres principales.

Les arts plastiques ont peint incidemment le criminel-né. Les données de l'art sont toutefois négligeables en comparaison de celles de la littérature. Les dramaturges et les romanciers donnent au criminel la première place. Sans doute ils négligent les microbes de la criminalité, ces petits délinquants dont chaque pays civilisé compte des centaines de milliers. C'est presque exclusivement l'homicide qui les intéresse. Des cinq grands types criminels reconnus par l'école italienne et qui sont le criminel-né, le criminel aliéné, le criminel d'habitude, le criminel d'occasion et le criminel par passion, la plupart n'ont peint que le dernier. Généralement ils ignorent la psychologie criminelle et attribuent au délinquant les émotions, les raisonnements et les remords de l'homme normal.

Le génie de Shakespeare l'a préservé de cette erreur. Macbeth, Hamlet, Othello (pourquoi Ferri ne cite-t-il pas Richard III?) sont les représentants immortels, le premier du criminel-né, le deuxième du criminel aliéné, le troisième du meurtrier par passion; Shakespeare va jusqu'à nous montrer Macbeth sujet à l'épilepsie psychique, et s'il peint dans lady Macbeth la femme criminelle, il la fait, avant Lombroso, plus insensible et plus froidement résolue que n'est l'homme. 

Parmi les romanciers modernes Dostoïevski rivalise avec Shakespeare pour la profondeur des analyses, la précision des observations contenues dans les Souvenirs de la maison des morts et la vérité effrayante du type incarné dans l'étudiant Raskolnikov. 

L'anthropologie criminelle et la psychiatrie contemporaine inspirent certaines oeuvres d'Emile Zola, de Bourget et de Gabriele d'Annunzio. Le Jacques Lantier de la Bête humaine prétend représenter le criminel-né, mais Lombroso n'a pas trouvé le portrait ressemblant. Zola n'a d'ailleurs rien compromis aux lois de l'atavisme. De la psychologie criminelle Bourget ignore les premières lignes, réellement inférieur en cela à Gabriele d'Annunzio qui a su nous peindre le criminel-né sous les habits de l'homme du monde. 

Aujourd'hui le criminel relève de la méthode scientifique, non de l'analyse littéraire. La littérature a une tâche plus noble. "L'art n'a que trop glorifié les criminels: il faut qu'il tourne dorénavant sa lumière radieuse vers la multitude des malheureux. Déjà l'on peut voir poindre l'aube de cette évolution… L'art qui, grâce à la Case de l'oncle Tom, de Mes Beecher-Stowe et aux Contes de Tourgueneff, a donné une impulsion décisive à la conscience collective contre l'abomination de l'esclave domestique en Amérique et en Russie, l'art qui, par les Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski, a provoqué l'indignation du monde civilisé contre les infamies de l'esclavage politique, l'art donnera à la société future, prévue par ceux qui étudient anxieux l'évolution sociale, la force d'un sentiment collectif pour combattre l'esclavage économique, la source et la base de tous les autres." — L'Année sociologie.

GENRE
Essais et sciences humaines
SORTIE
2014
26 juillet
LANGUE
FR
Français
LONGUEUR
197
Pages
ÉDITEUR
Doyle Kim
TAILLE
38.3
Mo

Plus de livres par Enrico Ferri