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C’était la fin du mois de février quand la première secousse fut ressentie ; le Shanghai Composite Index avait chuté d’un énorme 8,84%. Malgré cet avertissement il se passerait des mois avant que la crise économique naissante ne retienne l’attention des dirigeants politiques du monde. Pendant ce temps, l’hiver passait, et les marchés récu-péraient leur confiance téméraire. La vie continuait avec le même optimisme sans borne auquel le monde s’était habitué à la lueur du Nouvel Ordre Mondial de George Bush et du Cool Britannia de Tony Blair.
A la base, les futurs accédants à la propriété se bousculaient, attirés par les conditions alléchantes offertes par les prêteurs à travers les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Dans cet empressement à acheter, à s’agrandir, ou à emprunter – même en hypothéquant leur seul et unique bien dont la valeur était exagérément gonflée par un marché en pleine effervescence, les citoyens lambda se ruaient vers le crédit. Ils étaient atteints d’une psychose : la peur de rater ce qui semblait être l’occasion unique de leur vie ; réaliser leur rêve de s’enrichir.
Tom Barton, depuis son bureau de la City, avait senti le krach venir de loin. Il lui apparaissait aussi visible qu’un bus impérial dévalant Leadenhall Street. Quotidiennement, sa firme de courtage était inondée par un flux de demandes de prêts hypothécaires – bon nombre d’entre eux avec des déclarations manifestement frauduleuses – faites par toute sorte de parieurs se lançant dans une course effrénée de peur de rater le coche.
Tous les signaux tournaient au rouge le jour où son chauffeur de taxi vantait les gains qu’il avait faits sur sa modeste maison mitoyenne en banlieue de Londres. Barton se rappelait les paroles du chauffeur, « Ecoute mon ami, si un mec à la banque raconte que la baraque que t’as achetée il a y un ou deux ans vaut vingt briques, ça serait un peu mesquin de n’emprunter que trois, je veux dire qu’avec de la thune comme ça tu peux te payer une nouvelle bagnole et amener ta bonne femme et les gosses en vacances quelque part, comme la Costeur Braveur, non ? »
Jeunes et vieux, riches et pauvres, valides et invalides, fonçaient aveuglément dans la bousculade, risquant de manière irréfléchie leurs finances fragiles ; certains dans l’espoir d’un profit facile, achetèrent des biens délabrés, lesquels après une rénovation sommaire, étaient revendus aux primo accédants qui désespéraient de devenir propriétaire.
Objectivement, deux raisons, d’origines très différentes, avaient poussé l’économie mondiale vers cette crise financière sans précédent. Aux Etats-Unis, la cause pouvait être attribuée à des prêts hypothécaires dits subprime, et au Royaume-Uni, la démutualisation de ses traditionnelles sociétés de crédit immobilier et d’épargne.

GENRE
Fiction & Literature
RELEASED
2016
September 27
LANGUAGE
FR
French
LENGTH
385
Pages
PUBLISHER
John Francis Kinsella
SELLER
Smashwords, Inc.
SIZE
426.9
KB

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